dimanche 27 mai 2012

Nuit...



Nuit…
Serre-moi mon amour,
J'ai peur quand vient le soir,
Chasse la fin du jour
Colore le ciel noir,
Dis-moi que tu es fort,
Montre-moi la puissance
Contenue dans les sorts
Que tu emplis de chance !
Conjugues à jamais
Ces mots qui nous unissent,
Retiens-moi de tomber
Dans tous ces précipices,
Avec tes bras, tes lèvres
Enferme notre vie,
Dans une île où la grève
S'étend à l'infini,
Apaise la chaleur
Que ton ombre soit douce
À nos deux corps en fleur
Couchés sur de la mousse,
Endors-toi tendrement,
Sur mon cœur rougeoyant
Et dans un souffle aimant
Dis-moi que tu m'attends…

Préciosité...


Préciosité…

Je vous ai rencontré aux abords de l'automne,
Vous m'avez regardée longuement sans parler,
Au loin un ciel de pluie se noyait monotone,
Et mes yeux fatigués fuyaient ensommeillés…

Vous m'avez murmuré un « je t'aime » inutile,
J'étais bien trop ancrée dans un marasme flou,
Où les mots de tendresse pour moi étaient futiles
Et les gestes d'amour d'un parfait mauvais goût…

Mais vous suavement, vous enrobiez d'ivresse
Ces regards d'un instant posés sur ma peau nue,
Et peu à peu le temps redonnait la joliesse
A mon corps endormi qui ne l’espérait plus…

Vous avez lentement défait ma robe fine,
Faisant tomber ainsi cette pudeur d'enfant,
Que jamais d'autres mains à la force assassine,
N'avaient su deviner aux bords de mes vingt ans

Je me suis défendu de succomber trop vite,
À cette odeur sucrée au parfum de bonbons,
Que votre bouche avide exhalait à sa suite,
Comme pour dans mon âme attiser les frissons…

Et je me suis donnée, comme on offre un cadeau
Vos reins étaient puissants, vous ignoriez les cris,
Que vierge effarouchée je poussais crescendo,
Vous m'avez investie, ne gardant que mes « oui « !

Quand subrepticement en lissant mes dentelles,
J'ai regagné enfin une once de vertu,
Vous m'avez dit « chérie si vous étiez pucelle,
Je vous aurais croquée comme un fruit défendu »…

Et j'ai compris alors qu'une femme doit être
Amie, amante, épouse, tour à tour désirée
Et garder en secret un coin où voir renaître
Son désir pour le faire durer l'éternité…

De je t'aime en je t'aime...



De je t'aime en je t'aime…


De je t'aime en je t'aime, de toujours en peut être,
J'ai dit ce mot joli qui emplissait nos vies.
De demain en jamais, de bonheurs en mal-être,
Nous avons déversé des pensées de folies…

Puis de désirs en larmes, de rires en soupirs
Nos corps qui se cherchaient, ont trouvé leurs reflets,
Et lorsque la nuit chaude nous montrait l’avenir,
Nos cœurs en volupté effaçaient les regrets…

Alors quand les caresses effacent la détresse,
Les maux comme l'ivresse se mêlent et vont passant.
Et leur vision fantôme, dans les âmes ne laissent
Qu’un soir où le bonheur s’installe pour longtemps…

Perdition...

Perdition…

Il fait chaud il est nu des cauchemars le hantent
La sueur dégouline dans la moiteur du lit
Des images furtives viennent attiser l'attente
Que son ventre affamé voudrait voir assouvies.…

Son visage se crispe sa tête dodeline
Le désir qui le tient en devient douloureux
Il veut se réveiller apaiser la famine
De l’envie qui le prend en un torrent furieux…

Cette femme il en rêve et il se sent mourir
Son souffle se fait court il geint et de sa main
Caresse en frémissant la source du plaisir
Empli de cette vie qui ne lui sert à rien…

Il a mal et son corps jusqu'à la déchirure
Se retourne affolé dans les draps tout froissés
Et dans un cri venu  du fond de sa blessure
Il balbutie son nom imprégné de regrets…


En sursaut il s'éveille hagard l'air éperdu
Les larmes coulent à flots sur son visage blême
Jamais il n'oubliera qu'un jour il l'a déçue
Et ses nuits sans sommeil revivront l'anathème...


La ronde des baisers...


La ronde des baisers…

Un bisou tout petit, tout doux et tout câlin,
Un bisou pour maman, un autre pour papa
Un bisou que l’on offre dans le petit matin,
Un bisou tout mouillé souvenir d’autrefois…

Un baiser amical, qu’on pose sur la joue
Un baiser de bonheur pour le remercier,
Un baiser qui le trouble en repensant à nous
Un baiser émotion qu’il voudrait prolonger…

D’un bisou insouciance à un baiser passion,
Il y a tant que nos rêves ne savent où aller,
Et le cœur qui s’en mêle pousse la déraison
Pour que le bouche-à-bouche soit le prix à gagner…

Un bisou sur la main, un baiser sur sa peau
Et le tour est joué, on hisse le drapeau
Comme douce caresse en un instant choisi,
Nos lèvres qui se joignent trouvent leur paradis…


Désillusion



Désillusion…

La quiétude tu sais, est un mot éphémère
Et tu ne connais rien à la valeur donnée
Toi avec tes faux airs repentants et sincères
Tu te joues d'une vie que je croyais rangée…

Peu à peu le ciment qui tenait nos deux vies
S'effrite, et sous nos pieds un gouffre grandissant
Se remplit d’une pluie coulant d’un ciel tout gris

Qui noie dans un abîme nos pauvres sentiments…

Tu ne fais que tricher, et je sens que ma peine
Deviens lourde à porter, je ne crois plus en toi
Car je sais que jamais, et ce, quoiqu'il advienne
Tu ne pourras changer, tout est joué déjà…

Moi je t'ai tant offert, j'ai aliéné ma vie
Pour que tu sois heureux, j'ai chargé les bagages,
Te laissant t'amuser et profiter ainsi
Du bleu d'un ciel serein et de lointains voyages…

Aujourd'hui, je ne veux, ni ne peux supporter
Le poids de ce chagrin qui brise mes espoirs,
Un jour tu comprendras, mais le temps des regrets
Qui viendra t'envahir arrivera trop tard…

Eveil...


Éveil…

Je t'aime mon amour j'ai soif de tes caresses
Tu es l'eau et le feu le printemps et l'hiver,
Je vis à tes côtés émerveillée sans cesse
Par tes gestes si doux et ton regard si clair…

L'envie de ton corps chaud me tourmente et me hante
Je voudrais de mes doigts t'affoler de plaisir
Je promène ma bouche sur ta peau qui me tente,
Prête à mordre ce fruit m'offrant tout son désir…

Tu es le complément qui manquait à mon rêve
La folie, la sagesse d'un royaume caché,
Les dunes du désert, un baiser sur la grève
Mon espoir d'un réveil heureux à tes côtés…

Je ne comprends pas tout de tes idées fragiles
De ces envies d'ailleurs, de ces parfums d'un soir
Mais je suis lentement ce temps qui se défile
Comme le papillon qui volète au hasard…

Laisse-moi te donner ce que toutes ces femmes
N'ont fait que survoler sans chercher à savoir,
Moi je te guérirai j'allumerai des flammes
Pour réchauffer ton âme emplie de désespoir…

poèmes en voyage



Poèmes en voyage…


De poème en poème, j'ai écrit mes amours.
De je t'aime en bohème, de balades en romans,
J'ai vécu des parcours et j'ai gravi des tours
Pour arriver à toi, j'en aurai mis du temps…

D'une âme sans mystère j'ai fait la cathédrale
Où j'ai couché la foi que tu m'as apportée,
Et du bleu de ton ciel au gris de mes cabales
J'ai balayé les nues pour en peindre un été…

Dans l'air que je respire, sur l'herbe où tu reposes
Des milliers de soleils éclatent à profusion
Les anges jouent pour nous, l'air embaume les roses
Demain tu seras là pour cueillir la moisson…

Sans cesse le bonheur promène ses caresses
Et les traces qu'il laisse s'imprègnent de couleurs
De tes mains à mon corps se dessinent les gestes
Qui vont s'encanailler dans un lit fait de fleurs…

Les mirages d'un soir, la pluie qui les délave,
Sont comme les désirs, ils s'estompent et s'oublient,
Mais les mots qui s'écrivent sur des torrents de lave
Brûlent dans la passion la folie d'une vie…


Si l'on est attiré par des fétus de paille
Qui naviguent sans but sur des torrents de pleurs

Un jour la tête basse on cesse la bataille
Et on ouvre ses bras à l'élu de son cœur…

Bleu bonheur...


Bleu bonheur…

Ton doux visage qui repose
Te redonne cet air d’enfant
Que j’ai vu quand prenant la pose
Tu m’as dit je t’aime en riant…

Je regarde ta tendre bouche,
Ton front haut, ces mèches d’argent
Retombant quand tu les repousses
Sur tes yeux aux reflets changeants…

Quelques rides déjà se posent
Sur ton visage, et les ans,
Se devinent quand tu reposes
Dans notre nid innocemment…

J’avance une main vers tes lèvres,
Faites pour murmurer tout bas,
Mille folies remplies de fièvre,
Mots d’amour cueillis en éclat…

Je voudrais que toujours ton âme
Soit emplie de cette ferveur,
Et que pour moi qui suis ta femme,
Tu cultives ce bleu bonheur…

Parler...



Parler…


Parler, brasser de l’air, s’envelopper de vent,
Chercher des mots ballon qui s’envolent au loin,
Parler sans écouter, parler pour que le temps
S’arrête en un instant sur une vie de rien…

S’emplir de phrases creuses, vides de lendemains,
Par peur qu’on vous oublie au fond de la détresse,
Qui vous fait tournoyer comme un triste pantin,
Recherchant une oreille pour aller à confesse…

Plonger dans les non-dits, accrocher la dentelle
De tous ces pauvres mots qui pleurent à foison,
Se ficher que les autres soient justes l’escarcelle
Où viennent se cacher des rimes déraisons…

Parler ne plus mourir, parler pour que les larmes
Qui coulent de nos yeux ne soient plus asséchées,
Et attendre en secret que s’éloigne le drame,
De ce cœur en exil, parler pour exister…

Soumission...



Soumission…


Approche et viens ramper, laisse tes yeux baissés
Dos courbé, l'air docile comme un chien apeuré
Je veux qu'avec ta langue tu me lèches les pieds,
Tandis que ma cravache fouette ton corps penché…

Tu es nu, sans défense, tu n'oses regarder
La toison que mes cuisses viennent te dévoiler,
Ton sexe qui se dresse me laisse subjuguée,
Tant je vois le désir monter et t'emporter…

Ce soir c'est moi la reine, et tu dois m'obéir,
Mes seins sur toi se frottent, je te sens défaillir,
Et mes doigts se promènent explorant chaque part
De ta peau qui s'hérisse quand je frôle ton dard…

Au moindre mouvement je lève la lanière,
Et le fouet vient marquer des sillons rouge sang
Tu gémis de douleur, mais tu te laisses faire,
Je me plaque sur toi en un cri triomphant...

Je t'oblige à rester sur le dos immobile,
Et je viens chevaucher en un galop furieux,
Tes hanches qui se tendent pour arriver à l'île
Où je veux te guider pour t'emmener aux cieux…

En un mouvement fou soudain tu me renverses,
Et je me rends alors sous tes coups de boutoir,
Ici il n'y a plus d'amant ou de maitresse
L'amour est le plus fort il gagnera ce soir…


Peine...


Peine…


Sous ma nuisette de dentelle,
Mon corps lourd de nuits sans amour,
S'étiole, je ne suis plus celle,
Que tu as croisé un beau jour !

Mes seins sont mûrs de tes caresses,
Mes hanches pleines de ton corps,
Pourquoi faut-il que tu délaisses
Ma chair qui était ton trésor…

Ma peau a gagné en douceur
Et la rondeur de mes appâts
Te plaisait quand battait ton cœur,
À présent tu dors seul sans moi…

La toison dorée de mon puits
Où tu posais alors tes lèvres,
Reste cachée dans ce doux nid
Attendant que vienne ta fièvre…

Mais je suis triste désormais,
Et le miroir qui voit ma peine,
Est seul à garder le reflet
De cette ombre qui est la mienne…




L'envol...



L'envol…


Ils sont là face à face, sans oser se parler
Tête basse, apeurée, elle essaie de sourire,
Et lui timidement garde les yeux baissés,
Son esprit affolé ne sait plus que lui dire…

Elle le fait asseoir sur le lit qui gémit,
Sa main tout doucement se pose sur sa joue,
Il est en perdition, son visage pâlit,
Éperdu de bonheur sa gorge alors se noue…

Ils n'ont que dix-sept ans, d'un geste il se rapproche,
Elle est blonde et jolie avec ses yeux d'azur,
Il ose se pencher vers sa bouche si proche,
Et d'un chaste baiser enfin, briser le mur…

Dans son ventre noué une douce chaleur
Monte et vient balayer la pudeur enfantine,
Il la prend dans ses bras la serre sur son cœur,
Elle le laisse faire dans une moue mutine…

Les vagues du plaisir les saisissent tous deux,
Il caresse ses seins menus et de ses lèvres
Il cueille son téton offert comme un aveu,
Tandis qu'il sent en lui monter la folle fièvre…

Elle ôte ses atours, il n'en croit pas ses yeux
Ce corps il en rêvait depuis longtemps peut-être,
Et le voilà soudé à ce puits merveilleux,
C'est la première fois… Un homme vient de naître…

Pourquoi...



Pourquoi …


Je suis triste, tu sais, tu ignores mes rimes.
Tu dis que mes poèmes sont de peu d’intérêts
Et survolant mes mots qui te paraissent infimes
Tu détournes tes yeux d’un regard ennuyé…

Dans tous mes doux écrits, je parle de nous deux
Je rêve à travers eux à tout ce qui est toi
Pourquoi les dénigrer d’un air présomptueux
Et préférer aller lire d’autres que moi…

Je mets ce que mon cœur a de plus important
Au creux des souvenirs qui forgent notre vie
Et j’en fais des tableaux aux accords chatoyants
Racontant tendrement ces liens qui nous relient…

Mais toi tu ne veux pas un instant m’écouter
Si par malheur j’essaie de les dire à voix haute
Au bout de deux minutes, je te sens excédé
J’arrête ma lecture et remballe mes notes…

Je ne sais pas pourquoi tu agis de la sorte
Mais sache que la peine s’infiltre et vient former
Cet écrit que tu lis ici, mais peu importe
Désormais mes poèmes je vais me les garder…







Douceur...



Douceur…


Un ciel rempli d’étoiles et la lune d’argent,
Qui tout en haut se mire cerclée de diamants.
Des amoureux qui rêvent à leur premier enfant
Assis près du vieux chêne où je venais souvent…

Les souvenirs qui traînent, les images jaunies
D’un temps qui peu à peu s’étiole dans l’oubli,
Douces nuits de bohème, petits matins jolis
Entre des bras qu’on aime se croire au paradis…

Marcher dans l’herbe tendre, sentir l’air parfumé
Le nez humant la menthe à l’odeur épicée.
Se baisser pour cueillir la douce fleur sauvage
Qui dormira bientôt couchée entre des pages…

Si la vie est bonheur, si la vie est tristesse
L’aimer à la folie en cherchant ses caresses,
Que l’âme soit emplie d’une once de mystère,
Pour mieux se dévoiler et marquer ses repères…

Laisser passer les heures et ne voir que ta bouche,
Se posant sur ma peau au fond de notre couche,
Puis dans un doux sommeil me glisser sans attendre
À l’ombre des baisers, dormir sur ton corps tendre…


Eve...


Ève…

Le ciel est en colère, il lance ses éclairs,
Dans un bruit de tonnerre, l’eau se noie dans la mer.
Les nuages moutonnent noirs de rage et le vent,
Souffle à perdre haleine sur la terre et les gens…

Il faisait beau hier, l’air doux me caressait
Les oiseaux voletaient heureux dans les pommiers,
Les fruits mûrs et tentants m’invitaient à croquer
Malgré l’interdiction je n’ai pu résister…

Et j’ai planté mes dents dans la chair délicate,
Croquante et parfumée au bon goût d’interdit,
Sans regret de l’envie, je savourais béate
Ce moment de plaisir venant du paradis…

C’est alors que les nues se sont chargées d’orage,
Un rouge incandescent semblait les colorer,
On aurait dit le sang s’écoulant d’un présage
Qui disait que les hommes seraient seuls désormais…

Dans un déferlement qui balaya les âmes
Je fuis cherchant abri dans le creux de tes bras,
Et tu me dis tout bas que la première femme
Avait bien avant moi commis ce péché-là…


Ombres propices...


Ombres propices…

Viens tout prés, serre-moi encore contre toi,
Écoute le bruit sourd que fait mon cœur qui bat
J’attends que de tes lèvres tu attises la soie
De ma peau qui te frôle attendant le combat…

J’ai éteint la lumière, il faut que tu devines
Chaque once de ce corps offert à ton plaisir,
Parfois je te retiens et je me fais câline,
Puis l’instant d’un soupir je me force à te fuir…

Tes sens exacerbés par ce jeu se dessinent
Je surprends ton envie en goûtant goulûment
Ton sexe qui se dresse et ma bouche coquine
S’échappe quand elle sent ton désir qui se rend…

Mes mains viennent en secret rallumer cette fièvre,
Mais je sais que bientôt c’est toi qui vas gagner,
Le feu qui brûle en moi fait résonner la trêve
Et ton essence d’homme vient me récompenser…

La lune éclairera nos ébats mirifiques,
Et l’ombre de la nuit sera notre complice,
Nous atteindrons soudés cet endroit magnifique,
Où les amants heureux voguent en un lieu propice …

Quand le soleil poindra, nous dormirons tranquilles
Espérant que les heures passent avec volupté,
Et le moment venu nous rejoindrons cette île
Qui nous voit enlacés nous aimer sans compter…

Espérance...


Espérance…

L’aimer en absolu rechercher l’étincelle
Qu’un instant de plaisir a gravé dans sa chair
Se dire que l’on peut lui faire oublier celle
Qui troubla son ciel bleu en allumant l’enfer…

Le prendre par le cœur en lui tendant ses lèvres
L’embrasser goulûment déclencher la passion
Attiser dans un lit son envie et sa fièvre
En murmurant pour lui des mots de déraison…

Le saouler de parfums qu’il retrouve l’ivresse
De ces soirs de folie qui le voyait heureux
L’enrober de plaisir l’affoler de caresses
Qu’il perde en un soupir ses rêves malheureux…

Et puis tout doucement l’amener sur la rive
Le laisser endormi dans le pays des fées
Que la source du mal s’enfuit à la dérive
Vers l’oubli d’une vie volant au vent mauvais…

D’une main de velours guérir cette blessure
Qui le voit étourdi gisant dans l’inconnu
Et avec de l’amour effacer cette injure
Faites à son âme d’homme emplie d’espoirs déçus…

Puis tisser un collier en perles de tendresse
Enchaîner les toujours bannir les pas perdus
  Lui dire que pour moi il est la vraie richesse
  Redevenir la femme qu'il avait cru perdue…

Strip tease...



Strip-tease…

La lumière diffuse un halo sulfureux
Au centre du décor où la belle est assise,
Couverte d’une cape légère de soie bleue
Elle attend immobile sous la lueur exquise…

Le son d’une trompette s’élève dans le soir,
Les notes qui s’égrènent semblent la réveiller,
Avec délicatesse elle place un miroir
Où telle une odalisque elle vient se refléter…

Elle laisse glisser le doux bout de tissus
Qui la recouvre encore d'une fine dentelle,
On peut voir palpiter sa poitrine menue
Les yeux qui la convoitent lui disent qu’elle est belle…

Voluptueusement elle étire son corps,
Cambrant ses reins alors elle effleure son sexe
Qu’on devine au travers de ce triangle d’or
Où il dort pour l’instant n’attendant qu’un prétexte …

Elle pose son pied sur la chaise qui traîne,
Promène ses cheveux sur ses jambes gainées
Roulant sur sa peau blanche la maille arachnéenne
De ses bas couleurs nuit qu’elle quitte à regret…

Avec délicatesse une à une elle défait
Les attaches d’argent qui maintenaient fermée
La guêpière qui cache les deux trésors dressés
Tendant la toile fine du voile mordoré…

Elle effleure son ventre d’une main caressante
Sa bouche en s’entrouvrant fait fuser un soupir
Son regard langoureux attise la tourmente
Laissant planer l’envie aux abords du désir…

Rejetant ses cheveux sur ses épaules blêmes,
Elle ondule sans fin pareille à une liane
Son corps qu’elle dénude nous raconte un poème
Offert par une femme en un élan profane…

Enfin, elle se saisit de l’ultime rempart
Qui recouvre ce lieu gardé comme un secret
En l’ôtant, on peut voir qu’au fond de son regard
Elle nous dit qu’elle n’est plus qu’une fleur effeuillée…

Mes mains...



Mes mains…

Des mains tristes posées comme des oiseaux morts
Sur des cuisses immobiles soigneusement serrées,
Inutiles et ridées, mais si vivantes encore
Remplies de souvenirs passés presque oubliés…

Elles en auront vécu des histoires et des peines
Menottes de l’enfant dormant dans le berceau,
Encre noire imprimée auréolant les veines
Tâches de confiture, sucre doux des sirops…

Et puis vient cet instant où les doigts se promènent
Sur un visage ému, c’est la première fois !
Les paumes se caressent le désir qui les prennent
Allume alors le feu quand elles sautent le pas…

Un anneau fait d’amour vient les enjoliver
Promesse de toujours quand enfin elles se joignent
Entremêlées, liées, douces et affolées
Elles découvrent la vie quand l’enfance s’éloigne…

Des pleurs vont les laver souvent, et la prière
Se levant vers le ciel en geste douloureux
S’imprègne d’une force dont elles se sentent fières
La rage les saisit aux abords des adieux…

Peu à peu elles s’apaisent, plénitude de l’âge
Offrant de gros bonbons à des têtes penchées
Et comme une dentelle précieuse, enfin sages
Elles deviennent le nid des êtres tant aimés…

Un jour couchées trop blanches sur un noir crucifix
Elles dormiront tranquilles heureuses à tout jamais
Ces mains que je regarde avant que ne finisse
Le temps où on s’aimait mêlant nos doigts noués…

Apothéose...


Apothéose…

Mon ami, mon amour, mon amant, ma folie,
Toi qui peins en couleur le tableau de ma vie,
Tu as chassé la pluie qui tombait de mon âme
Et je suis libérée des ans et leurs alarmes.

Les fleurs dans le jardin ravissent mes matins,
Assise sous un arbre, je contemple l’écrin
Que la main du Seigneur a déposé ici.
La beauté de ce lieu en fait mon paradis.

Chaque petit brin d’herbe, chaque oiseau dans le ciel,
Est un joli cadeau que mon regard emporte
Et je me sens comblée, car pour moi l’essentiel
Se devine aussitôt que j’entrouvre ma porte.

Le vent dans mes cheveux, les gouttes de rosée
Qui mouillent mes souliers quand parfois je m’attarde,
Ramènent mon enfance en ses jardins secrets
Et troublent mes pensées qui, elles aussi, musardent.

Un lézard sur un banc s’avance téméraire,
Mais le moindre soupir lui donne du tourment,
Ses yeux d’or alanguis font filtrer la lumière,
Et l’on peut voir sa gorge palpiter doucement.

L’air tiède est embaumé par les buissons de roses,
Le soir enfin descend et je rejoins le nid
Où tu m’attends tranquille pour voir l’apothéose
Du soleil qui se couche, enveloppant nos vies.

Fragile...



Fragile…

L’amour est si fragile on dirait un oiseau
Gazouillant doucement lorsque l’aube se lève
Son chant mélodieux monte alors crescendo
Comme les sentiments qui habitent les rêves…

Le regard qui effleure avec délicatesse
Un visage inconnu, mais si proche pourtant
Recherche dans les traits l’ombre de la caresse
Déposée en secret un matin de printemps…

Un parfum d’infini, les effluves innocentes
Qui imprègnent les mots écrits en interdit
Se mêlent en soupirs à la douleur latente
Laissant aux cœurs blessés un point sur une envie…

Voluptueusement entrelacés, mais libres
Jambes et bras qui se nouent dans le soir qui descend
Les haleines s'affolent dans cette soif de vivre
Langues oubliant la peur cachée en s’endormant…

Peau à peau, sexe à sexe, fouillant impunément
Chaque once du bonheur laissé sur le tapis
Main à main, frénétiques adjurant les serments
Tombe ouverte à ces corps poussés vers folie…

Mer d’huile, rive blanche, calme et sérénité
Ciel bleu qui se démène pour apaiser les yeux
Sable aux grains porcelaine où perle la rosée
Passion qui nous projette infiniment heureux…

Fragilement humaines nos pensées absolues
Reprennent cette quête au plus profond de nous
Dans un cri se le dire qu’on ne s’est pas perdus
Effacer l’incertain et s’aimer jusqu'au bout…

Un rêve, un jour...


Un rêve, un jour…

Je t’ai cherché longtemps
J’ai rêvé ton visage
Dessinant sur le temps
Le ciel et ses nuages.
Tu te cachais peureux
Au milieu des étoiles
Tu n’étais pas heureux
Et j’ai levé le voile.
Je t’ai tendu la main
J’ai caressé tes lèvres
Et de tes lendemains
J’ai allumé la fièvre.
Tu as osé les mots
Tu as posé les gestes
J’ai senti sur ma peau
La musique céleste.
Dans un bleu azuré
Tu as noyé mon âme
Et gardé tes secrets
Loin de mes yeux profanes.
Mais moi j’ai deviné
Ce que tu voulais taire
Alors, je t’ai aimé
Sans briser tes repères.
De nuits en jours soleil
De pluie en mascarades
Tu as fui le sommeil
Arrêté les cascades
Et dans un souffle court
Ton corps en interdit
À créé le parcours
Menant au paradis…

Les maux de l'âme...

Les maux de l’âme…

Combien de jours passés à regarder au loin,
Recherchant l'absolu, guettant l'inaccessible
Tant d'heures à espérer pour forger mon destin
Que des mots en mon âme effacent d'impossible...

Je suis là, et mes mains continuent à écrire,
Ce que mon cœur blessé engrange de douleur,
Faut-il qu’un seul soupir me reste pour te dire
Combien j’ai peur des ombres qui ravivent mes pleurs !

Je ne vois du soleil qu’un rayon éphémère
Qui réchauffe ce corps inutile à présent,
Je rêve d’un ailleurs et je me désespère,
Pourquoi rester ainsi à voir filer les ans …

L’écheveau de ma vie n’a plus qu’un brin de laine
Pour recouvrir d’amour cet ennui qui me tient,
J’ai envie de dormir et du fond de ma peine
J’implore le Très-Haut de m’aider, mais en vain…

Je n’aurai donc pas eu le droit de pouvoir faire
Ce chemin griffonné dans mes dessins d’enfant,
Comme un oiseau déchu qui tombe dans la mer,
Je me noie dans ces lignes regrettant le présent…

Je me sens en exil, je suis la prisonnière
De rimes malhabiles couchées sur un cahier,
Il ne me reste rien et malgré mes prières
La femme que j’étais est morte à tout jamais…

L'amour fou...


L’amour fou

Je t’aime tant tu sais, je t’aime mal, c’est vrai
Je voudrais le présent, le futur, l’imparfait,
Effaçant ces ailleurs que tes bras ont serrés
Et que tu gardes en toi comme autant de secrets...

Je t’aime pour toujours, je t’aime pour ces pages
Que tu tournes avec moi au cœur d’un été chaud.
Tu es mon absolu, tu es mon équipage,
Avec toi, j’ai trouvé une île où il fait beau…

Je n’ai pas toujours su combattre tes chimères
Et tu m’as fait souffrir sans le vouloir vraiment.
Pourtant, tu tiens ma main et tu es mon repère,
Avec toi, j’ai enfin atteint le firmament...

Mon ciel est fait de bleu, mon lit est fait de rêves
Et ton corps sur ma peau attise les tourments.
Tu es ce paradis que j’ai cherché sans trêve
Quand, enfant, je songeais à mon prince charmant…

Des hommes, j’en ai eu qui ont croisé ma route
Mais le seul qui ait su apaiser mes chagrins,
Je l’ai trouvé un soir où j’étais en déroute
Sur ce petit écran que caresse ma main…

S’il advenait un jour que vienne la tempête
Et que, d’un geste las, nous séparions nos vies,
Je n’aurais plus jamais des idées de conquêtes
Car tu m’auras ôté le goût de l’infini…

Je t’aime tant tu sais, je t’aime trop peut-être,
Je ne sais que prier pour que durent ces jours.
Tu es le magicien qui a fait apparaître
Des milliers de soleils en me donnant l’amour…

Je ferme doucement les vieux volets de bois
Et ma bouche en riant à tes lèvres s’agrippe,
En voyant tes baisers semés du bout des doigts
Sur tous nos lendemains. Je t’aime tant, Philippe…

Furtivement...



Furtivement…

Laisser sa main courir, caresser le contour
Du grain qui sous les doigts défile lentement,
Écouter le silence entendre son cœur sourd
Palpiter en écho, et savoir qu'il est temps...

Sentir aller sa vie apercevoir la route,
Trouver les mots qu'il faut pour finir le roman
Espérer le miracle, vouloir chasser le doute,
Attendre l'impossible et choisir le moment...

Clore tout doucement les yeux dans l'air fugace
Et voir monter l'envie dans un flot de plaisir,
Ignorer ce qu'on sait, ne laisser qu'une trace
L'imprégner d'absolu pour mieux s'en dessaisir...

Que l'oubli de la trame qui vole dans l'espace
Devienne la clarté d'un regard souvenir,
S'envelopper d'un bleu qui peu à peu s'efface
Puis fermer son regard sur l'instant à saisir...
Puis graver ce poème et mettre dans ses lignes
Une passion sans fin égale à mon amour,
Exploser puissamment, me dire que le signe
Offert à mon esprit est la montée du jour...

Accueillir le cadeau qui contourne l'indigne
Briser alors le masque sur du papier velours,
M'enrouler doucement comme un sarment de vigne
Que les fruits de l'esprit te montrent mon amour...

Au travers d'un écrit que vienne transparaître
Tout ce qui est en moi que je ne te dis pas,
Oser tout avouer, entrouvrir la fenêtre
Et voir couler mes pleurs qui se déversent là...

Comme un matin printemps comme un hiver peut-être,
Mais surtout comme toi blotti tout contre moi.
T'envoyer ce message, attendre, et me voir naître
Au creux de ce cahier que tu ne liras pas...

Non dits...

Non-dits...

Je t’ai dit " je ne veux de toi que des nuages"
Pourtant, je t’espérais plus que tu ne le crois,
Je n’ai rien avoué, j’essayais d’être sage
Mais dans mes sens le feu ne brûlait que pour toi…

La chaleur de tes mains sur ma peau opaline
Venait tout dévaster, le bien comme le mal,
J’avais envie si fort de ta bouche câline
Qu’un spasme de plaisir a surgi animal…

Tu es fait pour aimer, pour recréer la femme
Qui osait tout braver du haut de ses vingt ans,
Si je n’ai pas parlé c’est de peur que la flamme
Qui semblait t’animer s’éteigne dans le vent…

Toi tu es insatiable, tu bannis la faiblesse
Et moi j’aime jouer, te prendre et te laisser,
Je veux te rendre fou t’accrocher à ma laisse,
Pour t’offrir le meilleur avant de t’oublier…

Je connais moi aussi ces abandons torrides
Et j’en sais les dépends, mais à trop se donner
En une seule fois, on attire le vide,
Alors, je mets le temps qu’il faut pour t’affoler…

Si tu ne comprends pas qu’il est bien trop facile
D’ouvrir en une fois la porte des secrets,
Je ne garderai pas tous ces mots indociles
Qui lorsque je suis seule font que je peux t’aimer…

Et le soir couchée nue quand de mes doigts je frôle
Ce bouton que tu veux emplir de volupté
C’est en pensant à toi que mes rêves s’envolent
M’emportant vers un monde où tu es étranger…